Certification: Apave affiche de nouvelles ambitions

Les Echos Les Echos - il y a 4 mois

Apave a certifié les 52.000 places des tribunes du circuit du Castellet capables de recevoir 160.000 spectateurs durant les trois jours du Grand Prix. - apave

Fort d'une nouvelle gouvernance et de finances saines, le groupe indépendant veut pousser ses pions à l'international alors que la France pèse encore 85 % de son activité.

Le groupe de contrôle et de certification Apave se dote d'une nouvelle gouvernance. Le directeur général Rémi Sohier devient Président du conseil et Jean-Christophe Protais, passé par Qualiconsult, Veolia Water Technologies et Sogelerg Ingéniérie, lui succède. Une nouvelle étape pour cette entreprise née il y a 150 ans mais réellement constituée en un groupe unifié seulement depuis 2011. Auparavant, Apave réunissait quatre associations basées dans différentes régions françaises, avec chacune leur gestion autonome.
Après une phase de réorganisation afin de réaliser des économies d'échelle, unifier les procédures et les systèmes d'information, et repenser la relation client, ce spécialiste indépendant, acteur de référence de la maîtrise des risques techniques, humains et environnementaux, ainsi que de la formation technique, doit passer la vitesse supérieure sur le plan commercial. Car si Apave est bien implanté dans ses trois métiers historiques – inspection des bâtiments et des ouvrages de génie civil, essais et mesures réglementaires, certifications de conformité volontaires ou obligatoires – il pèse peu face aux géants du secteur, avec 850 millions d'euros de chiffre d'affaires contre plusieurs milliards pour Bureau Veritas ou SGS, quand le marché mondial est évalué à 130 milliards...

Capacité de croissance
La notoriété d'Apave est forte en France, mais l'entreprise est insuffisamment présente à l'international où elle réalise seulement 15% de son activité et emploie 20% de ses 10.600 collaborateurs. L'Asie du Sud-Est et l'Afrique en particulier constituent des marchés prometteurs, de même que l'Europe où Apave est peu implanté. « Nous avons sensiblement amélioré notre résultat avec un Ebidta de 50 millions d'euros et nous sommes désendettés, donc nous avons une capacité de croissance externe. Mais nous avons aussi des marges de manœuvre sur la croissance organique grâce à notre agilité », souligne Rémi Sohier. La société, composée essentiellement d'ingénieurs, peut se targuer d'avoir mis la main sur quelques proies de choix, reprenant notamment à Bureau Veritas les prestations pour la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC). « Nous contrôlons la navigation des avions et hélicoptères, des petites aux grosses compagnies », se félicite Jean-Christophe Protais. Apave veille également à la sécurité du site Iter (nucléaire), à Cadarache, et de la base spatiale de Kourou en Guyane. « Nos compétences sont vastes, de la cybersécurité à la stabilisation des plates-formes en mer, en passant par le contrôle du téléphérique de l'Aiguille du Midi ou celui des tribunes mobiles pour 52.000 personnes installées sur le circuit du Castellet », poursuit le directeur général.
Apave est, par ailleurs, actionnaire à 49% de Certifer, l'un des leaders européens de la sécurité ferroviaire, intervenue sur des métros en Amérique du Sud, en Asie, et en Australie. Un marché là encore très porteur.

Martine Robert
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