Des objets connectés innovants pour surveiller la qualité de l’air en temps réel

- il y a 5 mois

Entretien avec Philippe Dubernet, Responsable développement accompagnement technique à la Direction opérationnelle des laboratoires essais mesures d’Apave.

Quels sont les enjeux de la qualité de l’air en France ?

Philippe Dubernet: Nous constatons une évolution majeure de la perception que la société a des risques liés à une mauvaise qualité de l’air. Fortement médiatisée, dans son lien de causalité entre pollution atmosphérique, cancers, maladies respiratoires (asthme ou troubles divers), aggravation de maladies cardiovasculaires. L’amélioration de la protection des populations, des travailleurs, de l’environnement et la maîtrise des émissions polluantes est devenue un enjeu majeur de santé publique. Il est clairement établi aujourd’hui que le dépassement des valeurs limites fixées réglementairement présente des risques sanitaires avérés.

Des enjeux économiques liés à une mauvaise qualité de l’air impactent notamment les entreprises, on estime que, chaque année, la pollution de l'air coûterait à la France plus de 100 milliards d'euros.

De nombreuses réglementations européennes s’imposent aux États membres depuis plusieurs années. Retranscrites dans le Code de l’environnement et le Code du travail, elles exigent la maîtrise des pollutions. Plus récemment, ins­taurée par la loi Grenelle 2, l’obligation de mesure de la qualité de l’air dans certains établissements publics, applicable aux crèches et aux écoles au 1er janvier 2018, illustre la prise en compte par les pouvoirs publics des enjeux de cette thématique en France.

Comment Apave accompagne les entreprises et/ou les ERP ?

Ph.D.: En tant qu’organisme accrédité, Apave est reconnue pour les contrôles sur la qualité de l’air intérieur et extérieur. Par ailleurs, Apave propose et accompagne ses clients dans la maîtrise des émissions, le diagnostic et l’identification des sources en intégrant à son expertise de nouvelles technologies comme les objets connectés. Issus d’une réflexion de notre direction métier et des premiers essais réalisés par notre laboratoire d’analyse, ces objets se sont imposés dans notre démarche d’accompagnement technique. Associés aux différentes phases de productions ou d’activités, ils apportent une nouvelle dimension dans les actions correctives à mener sur la maîtrise des sources de pollution.

Quelles sont ces technologies innovantes ?

Ph.D.: Pour accompagner notre diagnostic, nous mettons en œuvre des stations fixes de mesure intégrant une technologie de communication GSM qui utilise les réseaux de télécommunication. Celle-ci nous permet de transférer une quantité importante de données sur de longues distances. Ces données nous aident à visualiser et analyser en temps réel les informa­tions remontées par les stations fixes. On peut ainsi constater des dépassements, des évolutions d’émissions polluantes, informer en temps réel nos clients et proposer des investigations plus fines pour déterminer les causes et mieux cibler les mesures correctives. Par exemple, pour l’un de nos clients pour lequel une non-conformité était révélée à différents postes de travail sur des expositions aux poussières, nous avons, après une première analyse des zones concernées, mis en œuvre des capteurs sur une période de 15 jours afin de vérifier l’émissivité de polluants lors des différentes phases du process sur leurs chaînes de production. Nous avons ainsi pu déterminer certains points critiques, plus émissifs, proposer l’installation de protections collectives pour pallier ces non conformités et limiter les expositions des salariés. Identifier, analyser et proposer des axes d’amélioration s’inscrit dans notre volonté de développer l’accompagner techniques auprès de nos clients. /


Références :

- Articles R4211-1 et suivants du Code du travail

- Article R221-1Code de l’environnement

- Plan d’actions sur la Qualité de l’Air Intérieur

- Décret n° 2015-1000 du 17 août 2015 relatif aux modalités de surveillance de la qualité de l'air intérieur dans certains établissements recevant du public

- Décret n° 2015-1926 du 30 décembre 2015 modifiant le décret n° 2012-14 du 5 janvier 2012 relatif à l'évaluation des moyens d'aération et à la mesure des polluants effectuées au titre de la surveillance de la qualité de l'air intérieur de certains établissements recevant du public

- Arrêté du 1er juin 2016 relatif aux modalités de surveillance de la qualité de l'air intérieur dans certains établissements recevant du public


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