Silver économie: territoires et monde économique, des partenaires qui se cherchent

La gazette des communes La gazette des communes - il y a 6 mois

Pour aider pleinement au développement de la filière silver éco, et créer des emplois, il faudra davantage de liens entre les collectivités et les entreprises. Tous ces acteurs sont volontaires, montre l’étude de «La Gazette» avec l’Apave.

Comment stimuler une filière porteuse d’opportunités mais qui semble rester marginale ? « La Gazette », avec le soutien de l’Apave (1), a questionné des collectivités et des entreprises afin de connaître leurs pratiques et leurs besoins dans la prise en compte du vieillissement de la population(2). Premier enseignement : tous les acteurs ont intégré cette donnée démographique. Près des deux tiers des élus et des agents interrogés considèrent ainsi que leur collectivité est engagée dans ce sens. De plus, 65 % d’entre eux estiment que leur collectivité est actrice et 53 % que ces initiatives doivent permettre une meilleure préparation au choc démographique.

Les collectivités

Les territoires se sont majoritairement emparés de la question du vieillissement. Les départements, en tant que chefs de file de l’action sociale, ont bien sûr une compétence obligatoire avec l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou l’aide sociale à l’hébergement (ASH). Mais le bloc communal et les régions ont souvent également développé des politiques à l’attention des seniors. Pourtant, leurs contacts avec les entreprises de la silver économie restent faibles.

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En vis-à-vis, 33 % des sociétés interrogées proposent des biens ou services dédiés aux seniors (lire ci-contre). La très grande majorité de ces offres (78 %) concernent le maintien à domicile des personnes âgées. Que les entreprises soient engagées dans la filière ou qu’elles l’envisagent seulement, toutes disent avoir comme première raison de développer des solutions à destination des plus âgés la réponse à un enjeu sociétal.

Pourtant, ces deux mondes semblent cohabiter, sans vraiment se croiser. Les entreprises sont souvent perdues quand il s’agit de frapper à la porte d’une collectivité locale. Même pour les plus aguerries, le parcours peut être compliqué. Ainsi, les conseils départementaux ont la possibilité de financer des biens ou des services pour les personnes âgées dépendantes en établissement dans le cadre de la prévention. Mais les entreprises ne peuvent qu’expliquer le mécanisme à leurs acheteurs potentiels, qui doivent faire eux-mêmes la demande.

Les entreprises

Seulement un tiers des entreprises que nous avons interrogées sont actives dans le domaine de la silver économie. Si l’on ajoute celles qui s’y intéressent, un peu moins de la moitié des sociétés voient dans les personnes âgées une opportunité économique. Parmi celles qui ont investi le marché de la silver éco, 83 % souhaiteraient avoir davantage de contacts avec les collectivités territoriales.

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Qui est le client ?

Résultat, la plupart des collectivités ne reçoivent aucune proposition concernant la silver économie de la part d’entreprises. L’engagement des territoires auprès des acteurs se fait donc majoritairement dans le cadre de la compétence « développement économique ». Par le biais de « fab labs », des collectivités aident des start-up locales à développer leur projet. Au sein de clusters, elles encouragent des sociétés à s’installer sur leur territoire.

Les relations se font néanmoins aussi dans un cadre vendeur-acheteur. Pour les entreprises qui proposent des produits ou solutions destinés aux seniors, les collectivités font parties des clients importants. Si ces biens et services sont majoritairement fournis aux personnes âgées elles-mêmes (63 %) et à leurs aidants (38 %), ils sont également vendus aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (28 %), aux centres communaux d’action sociale (25 %) et aux collectivités en général (24 %).

Les territoires arrivent ainsi devant les professionnels de la santé indépendants (19 %) ou les services gériatriques des hôpitaux et cliniques (16 %). Malgré cela, les collectivités travaillent avant tout avec les associations, leurs pairs et l’Etat pour atteindre l’objectif du bien-vieillir, bien plus qu’avec les entreprises.

Une labellisation, vite !

Un label est utile à la fois aux fournisseurs de biens ou de services et aux acheteurs. Les premiers peuvent ainsi prouver leurs savoir-faire, les seconds s’assurent de la qualité de leur achat. Dans le secteur de la silver économie, des initiatives ont été prises en ce sens, mais restent très confidentielles. L’Apave a lancé en juillet 2017 le label « Haute Sécurité santé pour le logement ». L’Afnor, dès octobre 2016, créait la certification « Testé et approuvé par les seniors » (les testeurs sont des bénévoles âgés de plus de 60 ans). Tous les produits peuvent prétendre à cette labellisation, mais seuls vingt l’ont obtenue à ce jour.

Or, concernant les produits technologiques, qui peuvent devenir rapidement obsolètes, cette certification permettrait de faire avancer la filière. Les collectivités locales comme les entreprises sont d’ailleurs fortement favorables à la création d’un label. Ainsi, 69 % des collectivités interrogées considèrent qu’une telle distinction serait utile. Les entreprises, qu’elles soient déjà engagées dans la silver économie ou non, souhaitent également la valorisation de leurs produits (52 % et 57 %).

Lors du lancement de l’acte II de la silver éco, en décembre 2016, la question avait été abordée. Dans l’un des rapports remis courant 2017 par la mission « attractivité et export », l’une des six instituées par le comité de filière, était pointé le besoin de veiller à « identifier les freins qui pèsent encore sur la filière en termes de labellisation ou normalisation des services et des produits ».

Cliquez ici pour voir le graphique "L'utilité d'un label".


(1) L’Apave est prestataire auprès des collectivités et des entreprises sur la maîtrise des risques techniques, humains et environnementaux.

(2) Etude réalisée en ligne selon la méthode des quotas du 25 avril au 16 mai 2018 auprès d’un échantillon de 244 décideurs des collectivités locales (73 % d’élus et 27 % d’agents) et 243 décideurs des entreprises.

Crédit photo : lettas / AdobeStock

Source : http://www.lagazettedescommunes.com/568679/territoires-et-monde-economique-des-partenaires-qui-se-cherchent/

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